Une case toute neuve pour les institutrices de Seloufiet

Les institutrices devant leur nouvelle maison
La nouvelle case et son enclos

Seloufiet (Souloufet) est située dans le Nord du massif de l’Aïr, à 7 kilomètres en amont d’Iférouane, dans l’une des régions les plus reculées du Niger. L’école primaire de Seloufiet a été créée en 1995 avec la construction d’une première salle de classe. Aujourd’hui, l’école possède 4 classes en matériaux définitifs et un hangar en fer non couvert. A la rentrée 2019, 83 élèves (44 filles et 39 garçons) sont instruits en français dans cette école.

En classe
Deux classes de l’école de Seloufiet
Le jardin d’enfants (classe de maternelle) dans un coin à l’ombre entre les bâtiments scolaires

Depuis sa création, l’association Alpes-Aïr N’Mitaf aide cette école en contribuant à l’achat de fournitures, de réserves pour la cantine, et en soutenant les familles, en particulier celles qui envoient leurs enfants aux collèges d’Agadez, d’Arlit ou de Timia. Elle a aussi contribué à l’aménagement et l’entretien d’un jardin scolaire, d’une grande utilité tant pédagogique qu’alimentaire. En 2017, l’aide a porté, entre autres, sur la construction d’un bloc de latrines en ciment qui ont amélioré le confort des usagers.

Les élèves, le directeur et le personnel lors d’une distribution de fournitures en 2011
Le déjeuner
Les latrines

En octobre 2019, lors de la mission à Seloufiet du référent de N’Mitaf, Kader Afane, il a été constaté que les 4 institutrices de l’école de Seloufiet avaient une tente pour seul logement sur place. Avec l’accord du directeur de l’école, le bureau de N’Mitaf a alors décidé de cibler son aide sur la construction d’une case avec des sanitaires, afin de loger au mieux ces personnes sur qui repose l’instruction des 83 élèves.

Estimation des besoins : Kader avec le président du comité de gestion
et les mères éducatrices de l’école

Le choix s’est porté sur une construction dite « sans bois ». En effet, les constructions traditionnelles en dur utilisent du bois pour soutenir les toits en terrasse, ce qui contribue à la dégradation de l’environnement en diminuant considérablement les ressources en bois, si précieuses au Sahel. La construction sans bois, à voûte et coupole, est fondée sur une technique égyptienne ancienne utilisée en Nubie. Elle a été introduite au Niger dans les années 1980, inspirée par les travaux du grand architecte égyptien Hassan Fathy : « Cette technique permet de construire des toitures en briques de terre séchée au soleil sans qu’on ait besoin d’utiliser de soutènements de ciment ou de bois. » (Projet Tapis vert : Programme de construction)[1]. En 1985, la technique a été mise en œuvre dans le cadre de la Réserve naturelle nationale de l’Aïr et du Ténéré (RNNAT), notamment à Iférouane, pour proposer une alternative aux paillotes et aux maisons en banco avec toitures terrasses [2].

Les travaux ont commencé en février 2020, avec la préparation du terrain et des briques de banco. Les murs se sont élevés peu à peu et la case était finie fin mars.


Double paroi
Construction en briques de banco
La coupole (toit sans bois)
Le linteau de la porte d’entrée (sans bois)
La porte est posée !
Les décorations traditionnelles de la façade

Le chantier ayant été ralenti par l’épidémie de Covid-19, la construction du mur d’enceinte et des sanitaires, ainsi que d’un petit hangar pour la cuisine en plein air a été terminée fin mai. Le 2 juin, les autorités d’Iférouane sont venues visiter la case des institutrices de Seloufiet, une sorte d’inauguration, limitée par les restrictions en cours et avec le port du masque de rigueur. Enfin, le 3 juin, les 4 institutrices prenaient possession de leur maison !

Le coin cuisine dans la cour
Devant la porte extérieure de l’enclos
Visite des autorités d’Iférouane le 2 juin 2020
Visite des autorités d’Iférouane le 2 juin 2020

L’association est fière de cette réalisation originale et heureuse de contribuer au confort des enseignantes de Seloufiet. Son projet suivant est de relancer le jardin pédagogique, peu actif cette année.

[1] Cf. « Le Programme de construction sans bois », Site de l’association Habitat International Coalition : http://www.hic-gs.org/document.php?pid=2550

[2] La Réserve naturelle nationale de l’Aïr et du Ténéré, Analyse descriptive, Franck Giazzi, dir., 2e partie, chap 2,2, accessible en cliquant ici : https://books.google.fr/books?id=RepU0YzjFaUC&pg=PA306&lpg=PA306&dq=A%C3%AFr+T%C3%A9n%C3%A9r%C3%A9+construction+sans+bois&source=bl&ots=lg-7Av7CYe&sig=ACfU3U12lTPWw-RsCNmRTqPueUDWgmPVrg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjV6tCmqe_pAhVSxoUKHWvrCecQ6AEwAXoECAoQAQ#v=onepage&q=A%C3%AFr%20T%C3%A9n%C3%A9r%C3%A9%20construction%20sans%20bois&f=false

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