L’épidémie de Covid-19 au Niger

Le Niger a enregistré son premier cas de Covid-19 à la date du 19 mars 2020. Dès le lendemain, le gouvernement a pris des mesures pour éviter la propagation du virus : la fermeture des frontières aériennes et terrestres du pays, la suspension des transports en commun, l’isolement de la ville de Niamey, la fermeture de toutes les écoles et les lieux des cultes, l’état d’urgence sanitaire avec l’instauration d’un couvre-feu à Niamey, l’interdiction des rencontres et des regroupements de plus de 50 personnes (lieux de culte, cérémonies, etc.) et la mise en place des mesures barrières. Les cas de personnes contaminées ont commencé à s’enregistrer à Niamey avec les voyageurs venus de l’étranger avant de se propager dans les autres régions du Niger.

L’État a mis également en place un dispositif de prise en charge des personnes contaminées au niveau des hôpitaux et des espaces équipés dédiés à accueillir les malades. Il a également acheté des respirateurs pour la prise en charge des malades souffrant de problèmes respiratoires. À Niamey, même si un confinement a été souhaité par les autorités, la majeure partie de la population exerçant dans le secteur privé n’a pas arrêté son activité. Les marchés, les taxis, et les vendeurs ambulants sont restés actifs pendant toute les premières semaines du pic de la contamination. Il faut dire qu’il n’a pas été facile pour les autorités de sensibiliser et informer une population dont une grande partie ne croit pas à l’existence de cette maladie. Dès l’apparition des premiers cas, les théories les plus absurdes pullulent sur les réseaux sociaux. La chaleur sahélienne et les produits de la pharmacopée traditionnelle sont mis en avant pour guérir de la maladie. Malgré les décès enregistrés, certains Nigériens mettent toujours en cause l’existence de ce virus.

Au Niger, à la date du 23 mai 2020, selon les données statistiques publiées par le Ministère de la Santé Publique, le nombre total de personnes testées positives au Covid-19 est de 943 cas (4 338 tests réalisés). Parmi les cas positifs, on dénombre 107 cas en cours de traitement, 775 guéris et 61 décès enregistrés.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, il a été recensé, 728 cas à Niamey, 122 cas à Zinder, 37 cas à Agadez, 18 cas à Tahoua, 16 cas à Dosso, 10 cas à Maradi, 5 cas à Tillabery et 7 cas à Diffa. Toutes les régions du pays ont été contaminées, malgré les mesures prises pour isoler la ville de Niamey. Si la pandémie du Covid-19 semble être sous contrôle à Niamey, qui enregistre de plus en plus moins des cas, elle connait, malheureusement, une très forte progression dans les régions, particulièrement à Zinder et à Agadez

Face à l’évolution actuelle tendant à la baisse de la pandémie, l’État a jugé utile d’alléger certaines mesures notamment la réouverture des lieux de culte sur toute l’étendue du territoire, la reprise du transport interurbain et la levée du couvre-feu pour la région de Niamey. Cet assouplissement des mesures se fait dans le respect de quelques mesures conservées (distanciation, désinfection des mosquées et églises, port du masque) pour éviter la propagation du virus. Egalement, si la tendance se poursuit, l’État envisage la reprise des cours dans toutes les écoles à la date du 01 juin afin de finir l’année scolaire.

Le risque de l’allégement des mesures reste cependant le non respect des mesures barrières par la population. Par exemple, mis à part les agents de l’administration, le port du masque n’est pas respecté par la population en dépit de son exigence par l’administration. La restriction de regroupements n’a jamais été respectée par une population qui affirme préférer mourir du virus que de la faim. Plutôt que de se confiner pour un virus qu’elle n’entend que dans les discours des autorités, elle préfère sortir pour s’adonner à ses activités quotidiennes. Pour éviter toute manifestation sociale, l’État a modifié les horaires d’ouverture et de fermeture des marchés pour au moins réduire en temps la fréquentation des marchés.

Aujourd’hui, la contamination gagne de plus en plus les régions, même si le nombre de cas positifs reste faible. Cette faiblesse des cas positifs est peut être due au faible nombre de tests réalisés chaque jour. Si des réponses fortes ne sont pas prises, la menace risque d’être importante avec l’ouverture des écoles et la levée de toutes les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19.

Informations transmises par Dr. Kader Afane (Niamey, Niger), le 26 mai 2020

Ce contenu a été publié dans Général. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *